Le don de tissus humains : un geste de générosité qui change des vies

Publié le 1 mai 2024 Conseils santé et prévention

Imaginez pouvoir changer la vie de plus de 20 personnes grâce à un seul geste. Le don de tissus humains rend cela possible. Bien que cette pratique soit encore peu répandue, elle représente un espoir immense pour de nombreux patients.

Mme Guylaine Thiffault, chef de service à l’urgence du Centre hospitalier affilié universitaire régional de Trois-Rivières (CHAUR), connaît personnellement la valeur du don de tissus, ayant elle-même bénéficié d’une greffe de tissus. Elle tient d’ailleurs à souligner l’importance de sensibiliser le personnel clinique et le grand public à cette cause vitale. Malgré la pression et les défis quotidiens, chaque membre de l’équipe médicale peut contribuer à sauver des vies en identifiant les donneurs potentiels et en maîtrisant le processus de recommandation encore davantage. « Le don de tissus est encore méconnu. Ce n’est pas un automatisme. Nous travaillons sous pression dans le moment présent. C’est difficile d’avoir une perspective sur le don de tissus. Il s’agit d’un clou qu’on doit continuer de marteler », mentionne la professionnelle de la santé.

CIUSSS MCQ - Guylaine Tiffault - Don de tissus

Mme Guylaine Thiffault, chef de service à l’urgence du Centre hospitalier affilié universitaire régional de Trois-Rivières (CHAUR)

Une expérience personnelle transformée en mission

Mme Thiffault a subi, dans sa jeunesse, un traitement de canal qui s’est avéré problématique. Plus tard, dans la jeune trentaine, un abcès dans la bouche l’incommode lors de ses premières semaines de grossesse. Le problème se règle par la prise d’antibiotiques. Du moins, c’est ce que la principale intéressée croyait. Pourtant, un nouvel abcès se crée au palet. La plaie de trois centièmes est encapsulée. Malgré plusieurs traitements pour la drainer, le résultat n’est pas favorable. Il faudra une greffe à l’intérieur de la bouche. Après une chirurgie buccale et maxillo-faciale d’un jour, le problème de Mme Thiffault est derrière elle. « Au début, je me suis dit, beurk! Mais ça n’a pas été majeur. Ça fait tout drôle d’avoir une greffe, mais je mène une vie normale. Je peux manger n’importe quoi », résume-t-elle. Sa propre expérience positive l’a inspirée à promouvoir activement le don de tissus. Elle témoigne de la normalité de sa vie après la greffe démontrant que ce geste altruiste peut vraiment faire la différence.

Avec plus de 78 000 décès par an au Québec, le potentiel pour le don de tissus est considérable. Malheureusement, une fraction seulement des donneurs potentiels est identifiée. Selon Héma-Québec, seulement 5 780 donneurs potentiels ont été recommandés résultant en 989 donneurs prélevés en 2023-2024. C’est moins d’un donneur potentiel sur cinq qui est recommandé. « Il faut repérer le don davantage. Se questionner si nous sommes en présence d’un donneur potentiel », rappelle Mme Thiffault. Les professionnels de la santé jouent un rôle de premier plan dans cette chaîne de la vie et nous avons tous un rôle à jouer. 

Comment donner son consentement au don de tissus humains?

Pour savoir comment donner son consentement au don de tissus humains, visitez le Dons d'organes et de tissus.